Que ce fut dur, mais savoureux à la fin. L’équipe nationale franchit difficilement l’obstacle congolais, mais encore une fois elle prouve toute sa valeur. L’inattendu Boulbina est sorti de nulle part pour endosser le costume de héros. Il n’oubliera pas cette soirée, nous non plus…
La tension était palpable bien avant le début de la rencontre entre l’Algérie et la RDC, hier à Rabat, pour le compte des huitièmes de finale de la CAN. Une affiche alléchante disputée dans un stade rempli où les supporters se sont fait entendre avant même le coup d’envoi. Une partie indécise entre deux des meilleures équipes du tournoi. Il fallait attendre une riche empoignade avec beaucoup d’engagement de part et d’autre.
Pour ce match, le coach national a aligné son équipe classique, la même avec laquelle il a évolué face au Soudan, lors de la phase des poules, à un élément près. Maza, ayant gagné ses galons de titulaire à part entière, a remplacé Bounedjah dans le onze de départ. Du coup, Amoura a occupé le poste d’attaquant de pointe tout en permutant avec ses coéquipiers. Une fois de plus, Petkovic comptait sur la mobilité de ses poulains et les transitions rapides entre les lignes pour surprendre l’adversaire.
Dès le départ, les Verts se sont montrés les plus entreprenants affichant une grande envie de faire la différence. Ils ont monopolisé le ballon, multipliant les tentatives sur les côtés sans toutefois se montrer très dangereux face à la solide défense congolaise. Les Léopards, pour leur part, ont dû attendre la 25’ pour sortir de leur coquille, auparavant ils étaient privés de ballon, obtenant un corner sur lequel ils ont failli faire mouche, la tête de l’ancien défenseur de Manchester United, Tuanzebe, est passée à côté des bois gardés par Luca Zidane. Les poulains de Desabre, l’ex-coach de la JS Saoura, se montraient dangereux seulement sur les balles arrêtées. Il fallait s’en méfier. Mais les Algériens poursuivaient leur travail de sape en pressant le plus haut possible en dominant les débats dans l’entrejeu, même si la lutte y était acharnée. La possession était largement algérienne, mais le score n’a pas évolué jusqu’au coup de sifflet de l’arbitre égyptien Mohamed Maârouf, mettant un terme à la première période très disputée, mais pauvre en occasions franches. Cela dit, les camarades de Mahrez ont été les plus en vue. Ils auraient peut-être pu bénéficier d’un penalty à la 12’ suite à une faute sur Amoura dans la surface de réparation sur laquelle il a perdu sa chaussure au contact avec Moutoussamy. Durant la pause, on se demandait qui allait céder le premier, alors que les fans de l’équipe nationale poussaient dans les tribunes en donnant de la voix.
On prend les mêmes et on recommence. Les deux coaches ont décidé de reconduire les mêmes joueurs pour le début de la seconde période, mais dès la 50’, Bennacer sentant une gêne derrière la cuisse, a dû laisser sa place à Abdelli. Même si le jeu était quelque peu heurté, il n’y avait pas d’animosité sur le terrain entre les 22 acteurs. La physionomie en deuxième mi-temps ne changea pas énormément par rapport à la première manche, avec toutefois un jeu plus équilibré, les congolais ne se laissaient pas dominer, mais toujours est-il, les occasions se faisaient rares. Toutes les incursions se brisaient sur des défenses qui veillaient au grain et bien en place. Il fallait exploiter la moindre faille, la moindre ouverture pour faire la différence. Mais celle-ci tardait à venir, mais au fil des minutes les Verts ont repris leur ascendant sur l’adversaire. C’était le temps des changements pour Petkovic en incorporant à la 70’ Hadj Moussa et Belaid à la place de Mahrez et d’Ait Nouri. Du coup, Bensebaini s’est décalé sur le flanc gauche de la défense, laissant sa place dans l’axe au rentrant Belaid.
La qualification allait se jouer sur un détail, sur une erreur ? Il y avait une grande tension de part et d’autre, les deux équipes se neutralisaient parfaitement. L’entrée du baroudeur Bounedjah à la place de Maza (83’) allait-elle changer quelque chose ? C’était peut-être le facteur x, car jusque-là les Verts avaient joué sans avant-centre attitré.
Lors des dernières minutes du match, au moment où les Algériens ont eu quelques belles opportunités mal négociées, Mandi a sauvé les siens d’un but certain dégageant le ballon de la tête en corner, alors que l’attaquant congolais s’apprêtait à le reprendre à bout portant. Direction la prolongation ! Les deux protagonistes n’ont pas pu se départager durant les 90’ (0 – 0). La demi-heure supplémentaire allait-elle être décisive ? Après une telle débauche d’énergie sur le plan physique, mais aussi mental, les organismes sont forcément diminués, mais aucune équipe ne voulait céder du terrain. Les Congolais se montraient intraitables en défense, alors que Amoura et consorts échouaient chaque fois dans la dernière passe. Un scénario frustrant, mais prévisible, d’autant que les Verts ont eu les meilleures occasions durant la prolongation. La fin de la rencontre a été un véritable ascenseur émotionnel. Le coach a eu le flair de faire entrer Boulbina dans les dernières minutes. Un joker de luxe qui s’est transformé en héros en délivrant tout un pays. À une minute de la fin de la rencontre, Abdelli lance Zerrouki qui sert à son tour Boulbina sur l’aile gauche. L’ailier, après un petit crochet, envoie une frappe splendide qui va se loger en pleine lucarne de Lionel M’Pasi, complètement battu. L’équipe la plus méritante s’est qualifiée, les Verts n’ont pas volé leur victoire, même si cela a été pénible pour les nerfs. Ils donnent rendez-vous au Nigeria en quarts de finale.
Ali Nezlioui






