Jamais peut-être une édition de la CAN n’a suscité autant de controverses et d’incertitudes sur son déroulement. A moins d’un mois du début de la compétition au Cameroun, on ne sait pas encore avec certitude si elle aura lieu ou pas.
Les informations et les rumeurs sur son annulation ou son report se relaient sous la pression des grands clubs européens, notamment anglais pas vraiment enclins à libérer leurs internationaux africains durant plus d’un mois. D’ailleurs, l’Association européenne des clubs (ECA) laissé entendre dans un communiqué publié hier dans lequel elle menace clairement de ne pas libérer les joueurs africains appelés par leurs pays pour disputer la CAN. «A notre connaissance, la Confédération africaine de football n’a pas encore rendu public un protocole médical et opérationnel adapté pour le tournoi de la CAN, en l’absence duquel les clubs ne seront pas en mesure de libérer leurs joueurs pour le tournoi», a-t-elle prétexté dans sa lettre adressée à la Fifa. La Fifa, de son côté, est soupçonnée de mettre la pression pour reporter la CAN «afin de ne pas subir le courroux des grands clubs européens», mais aussi pour ne pas créer de la concurrence à la Coupe du monde des clubs dont la date se chevauche avec celle de la CAN. Il faut dire aussi que tous les prétextes sont bons pour annuler la compétition africaine. Le site spécialisé RMC Sport a affirmé, hier, que «c’est plus qu’une probabilité». «Plusieurs sélectionneurs nationaux ont eu écho de cette possibilité sans qu’une décision officielle leur soit annoncée pour le moment. Au-delà des difficultés d’organisation liées à la Covid-19 et son nouveau variant Omicron, la CAF est confrontée à la grogne de certains clubs, majoritairement anglais», révèle le site français, tout en ajoutant que «la réflexion est engagée». Cette sortie médiatique coïncide avec celle d’un responsable de la CAF qui a confié à un site égyptien «Yallakora» que «le report de la CAN est une alternative possible pour remédier au problème du non-achèvement des travaux dans certains stades qui devront abriter la compétition». Et la CAF dans tout cela? Sans apporter un démenti catégorique à ces rumeurs, elle a néanmoins publié, hier, un communiqué dans lequel son secrétaire général, Veron Mosengo-Omba, souligne «le progrès réalisé dans les travaux.» La journée d’aujourd’hui a été importante pour comprendre l’état de préparation du Cameroun. Il y a beaucoup de travail qui est fait. Nous devons continuer sur la même lancée. Nous ne pouvons pas nous reposer. Nous devons travailler 24 heures sur 24. Je ne me repose pas, le Cocan ne peut pas se reposer. La CAF ne peut pas se reposer. Tout le monde doit joindre ses efforts. Nous voulons voir une grande Coupe d’Afrique des Nations ici au Cameroun en janvier de l’année prochaine», a-t-il écrit. Visiblement, aucun responsable n’est en mesure de dire aujourd’hui que la CAN se tiendra bien au Cameroun au début de l’année prochaine. Entre retard dans les travaux au Cameroun, le variant Omicron et la pression des clubs européens, la CAF ne sait plus sur quel pied danser.
Ali Nezlioui






