CAN-2021: Le rétropédalage d’Ahmad Ahmad

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    C’était déjà dans l’air depuis la programmation de la Coupe du monde des clubs 2021 (17 juin-4 juillet) en Chine, la CAN 2021 au Cameroun n’aura pas lieu en été.

    Le président de la CAF, Ahmad Ahmad l’a confirmé en marge du Mondial des clubs tenu dernièrement à Doha au Qatar. «A mon avis, il n’est pas possible, en raison des conditions climatiques au Cameroun, d’organiser la CAN en juin-juillet. C’est clair, nous devons donc prendre une décision sur la date», a-t-il déclaré au site Inside World Football. La question qui se pose est comment a-t-il découvert cela maintenant. A moins qu’il vivait sur une autre planète, l’argument du président de la CAF ne tient nullement la route. En décidant de changer la périodicité du déroulement de la CAN passant de l’hiver à l’été, les responsables de la Confédération ont certainement tenu compte du facteur de la chaleur avant d’entériner leur décision. La chaleur n’est pas une chose nouvelle en Afrique encore plus en été. Ce n’est pas un pléonasme. Il faut aller chercher les véritables raisons de ce revirement ailleurs. Elles sont certainement liées à la programmation à la même période de la Coupe du monde des clubs. En choisissant cette date, la Fifa n’a aucunement pris en considération qu’elle était déjà retenue par la CAN. Un manque de respect flagrant pour la plus grande compétition africaine que Ahmad Ahmad réfute catégoriquement tout en défendant son «ami» Gianni Infantino. «Il y a certainement des Européens qui n’ont aucun respect ou considération pour le football africain. Mais Gianni n’en fait pas partie. Il aime le football africain. Il veut vraiment voir le football africain se développer. Sa préoccupation pour notre développement est sincère. Pourtant, certains disent qu’il n’a aucun respect pour le football africain. Ce n’est pas correct», a-t-il expliqué. Il faut dire que la CAF engluée dans d’énormes problèmes relationnels et affaiblie par des scandales de corruption lui ayant fait perdre le peu de crédibilité qui lui restait, a confié son sort à la Fifa. Elle n’est plus souveraine dans ses décisions et doit par conséquent consulter sa «tutelle», notamment sur les questions ayant trait à l’avenir du football africain. Une CAF assistée en somme comme l’a avoué son président il y a quelques mois sur les colonnes de France Football. «J’ai hérité d’une institution totalement dépourvue de règles… Je reconnais mon échec dans l’amélioration de la transparence financière de la CAF. Même moi, président, je ne parvenais pas à obtenir de mon directeur financier (Mohamed El Sherei) l’état de nos comptes, d’où sa récente suspension. Il faisait ce qu’il voulait, il ne suivait aucune règle. Idem pour l’ancien secrétaire général. Ils décidaient de tout». De graves confessions qui ont amené la Fifa à intervenir en dictant ses règles sur l’institution africaine. Une sorte de FMI pour essayer de sauver ce qu’il reste à sauver.En position de faiblesse extrême, la CAF est contrainte de coopérer et d’exécuter les ordres venus d’ailleurs. Un héritage de plusieurs décennies de gabegie et d’incurie qui ont mis l’institution africaine sur les genoux.

    Ali Nezlioui