Allocation chômage: 140 000 dossiers sous contrôle: Un dispositif renforcé au service de l’insertion professionnelle

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L’allocation chômage en Algérie suscite un intérêt croissant, à la faveur des ajustements récents visant à renforcer son efficacité, sa transparence et son rôle dans l’insertion professionnelle. Intervenant ce mardi dans l’émission « L’invité du jour » sur la Chaîne 3 de la Radio algérienne, Nour El Houda Khelili, sous-directrice de la coordination et du partenariat au ministère du Travail et de la Sécurité sociale, a livré un éclairage détaillé sur ce dispositif social.

Au cœur de ce mécanisme figure la plateforme numérique « Minha », qui recense actuellement 140 000 demandes en cours de traitement. La responsable a tenu à préciser que ces inscrits ne sont pas encore bénéficiaires, mais des demandeurs soumis à un processus de vérification progressif et rigoureux. Ce système repose sur une interconnexion avec plusieurs bases de données nationales, notamment celles de la CNAS, de la CASNOS, de la CNR, de l’état civil et de l’enseignement supérieur, garantissant ainsi la transparence et l’équité dans l’attribution de l’allocation. Les rendez-vous d’examen des dossiers ont été programmés à travers 278 agences locales réparties sur 58 wilayas, avec pour objectif de finaliser leur traitement d’ici le 31 juillet prochain . Revenant sur le cadre réglementaire, Mme Khelili a rappelé que ce dispositif, instauré en 2022 par le décret exécutif 22-70 du 10 février 2022, a été modifié et complété par un nouveau texte en date du 21 janvier 2026. L’objectif affiché demeure inchangé : garantir un revenu minimum aux demandeurs d’emploi tout en les accompagnant vers une insertion durable, dans une logique de préservation de la dignité des jeunes. Les conditions d’accès sont strictement encadrées. Le dispositif s’adresse aux citoyens algériens âgés de 19 à 40 ans, primo-demandeurs d’emploi, ne disposant d’aucun revenu ni pour eux-mêmes ni pour leur conjoint, et n’ayant pas bénéficié de dispositifs publics d’aide à l’emploi tels que l’Ansej, la Nesda ou l’Angem. Dans une approche inclusive, les jeunes ayant purgé une peine de détention peuvent également en bénéficier. À l’inverse, toute affiliation à la sécurité sociale, ou la perception d’un revenu par le conjoint, exclut automatiquement l’éligibilité. De même, le refus d’une offre d’emploi, d’une formation ou d’une convocation de l’Anem entraîne la suspension, voire la suppression définitive de l’allocation. Parmi les nouveautés introduites en 2026 figure la limitation du renouvellement de l’allocation, désormais accordée pour une durée d’une année, renouvelable une seule fois sous conditions. Les bénéficiaires ayant déjà perçu l’allocation pendant 24 mois peuvent prétendre à une année supplémentaire, tandis que ceux ayant bénéficié de moins de 24 mois doivent compléter cette durée avant toute prolongation. Quant aux nouveaux inscrits, ils bénéficient directement d’une année renouvelable une seule fois. Au-delà de l’aide financière, le dispositif s’inscrit désormais dans une logique d’activation, mettant l’accent sur la formation et l’employabilité. L’offre de formation a ainsi été élargie, passant de formations qualifiantes à des formations diplômantes, en adéquation avec les besoins du marché du travail. Ces formations, proposées en collaboration avec le secteur de la formation professionnelle, peuvent durer jusqu’à six mois pour les formations qualifiantes et jusqu’à deux ans pour certaines spécialités. Là encore, le refus d’une formation entraîne la perte de l’éligibilité. Sur le plan des résultats, les indicateurs témoignent d’une dynamique soutenue. À la fin de l’année 2025, plus de 1,44 million de bénéficiaires ont été orientés dans le cadre du dispositif, dont 115 000 ont été effectivement placés en emploi. Pour les deux premiers mois de 2026, plus de 120 000 placements ont déjà été enregistrés, confirmant l’efficacité progressive du mécanisme . L’analyse des profils révèle que plus de 72 % des bénéficiaires sont des femmes, une catégorie confrontée à des difficultés spécifiques, notamment liées à l’absence de qualification ou à une préférence pour le secteur informel. Certaines refusent également les formations ou les convocations, ce qui complique leur insertion professionnelle. Trois catégories principales se dégagent parmi les bénéficiaires : les personnes sans qualification, majoritaires, suivies des universitaires, puis des diplômés de la formation professionnelle. Ces derniers sont particulièrement recherchés sur le marché du travail, notamment dans les métiers techniques. Quant aux diplômés universitaires, les spécialités les plus demandées concernent l’informatique, l’électronique et l’électrotechnique, avec des besoins variables selon les régions. Dans ce dispositif, l’accompagnement personnalisé assuré par l’ANEM joue un rôle central. Au-delà des convocations, les demandeurs bénéficient d’un appui dans la rédaction de leurs CV, de formations gratuites et d’un suivi individualisé. Des conseillers peuvent même assister aux entretiens d’embauche afin d’identifier les lacunes et améliorer l’employabilité des candidats. Le suivi des dossiers s’effectue entièrement en ligne via la plateforme « Minha », où chaque demandeur dispose d’un compte personnel lui permettant de consulter l’état d’avancement de son dossier en temps réel. En cas de problème ou de document manquant, les candidats sont contactés par SMS, appel téléphonique ou notification. À travers l’ensemble de ces mesures, les autorités entendent transformer l’allocation chômage en un véritable outil d’intégration économique, dépassant le simple cadre d’une aide financière pour en faire un levier actif d’insertion professionnelle, a conclu Mme Khelili.

Sarah Cheriet

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