Les aliments ultra-transformés, omniprésents dans les rayons des supermarchés et devenus incontournables dans de nombreux foyers, sont de nouveau pointés du doigt.
Une étude récente publiée dans The American Journal of Medicine établit un lien préoccupant entre leur consommation et une augmentation significative du risque de maladies cardiovasculaires. Menée par des chercheurs de la Florida Atlantic University, l’étude s’appuie sur les données d’une vaste enquête nationale américaine sur la santé et la nutrition. Plus de 4 700 adultes âgés de 18 ans et plus ont été suivis entre 2021 et 2023. Les participants ont détaillé leur alimentation sur deux journées complètes, permettant aux chercheurs d’évaluer la part de calories quotidiennes provenant d’aliments ultra-transformés. Les antécédents d’accident vasculaire cérébral (AVC) et d’infarctus ont également été intégrés à l’analyse. Après ajustement des données en fonction de plusieurs facteurs — âge, sexe, origine ethnique, tabagisme et niveau de revenu — les résultats apparaissent sans équivoque. Selon le Pr Charles H. Hennekens, auteur principal de l’étude, les personnes consommant le plus d’aliments ultra-transformés présentent un risque 47 % plus élevé de développer une maladie cardiovasculaire, notamment un infarctus ou un AVC. Selon l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), les aliments ultra-transformés sont issus de procédés industriels complexes. Ils sont fabriqués à partir d’ingrédients raffinés, d’extraits alimentaires et d’additifs (colorants, conservateurs, exhausteurs de goût). Parmi les exemples les plus courants figurent : les sodas, les céréales du petit-déjeuner sucrées, les biscuits industriels, la charcuterie transformée, les nuggets, les nouilles instantanées et plats préparés. Souvent pratiques et bon marché, ces produits sont généralement riches en sucres ajoutés, en sel et en graisses saturées, tout en étant pauvres en fibres et en nutriments essentiels. Les maladies cardiovasculaires demeurent l’une des premières causes de mortalité dans le monde. Si des essais cliniques à grande échelle restent nécessaires pour confirmer de manière définitive ces observations, les chercheurs estiment que les données actuelles justifient déjà une action préventive. Les professionnels de santé sont encouragés à sensibiliser leurs patients à la réduction de la consommation d’aliments ultra-transformés, parallèlement aux recommandations classiques : arrêt du tabac, activité physique régulière et suivi médical adapté. Le Pr Hennekens souligne par ailleurs que la question dépasse la seule responsabilité individuelle. « Il s’agit de créer des environnements où l’option saine devient l’option la plus accessible », insiste-t-il, appelant à rendre les aliments nutritifs plus abordables. Pour réduire le risque cardiovasculaire, les recommandations restent constantes : adopter une alimentation riche en fruits, légumes et poissons, privilégier les huiles végétales, limiter les sucres ajoutés et éviter les plats industriels trop riches en sel et en matières grasses. La cuisine maison, à base de produits bruts et peu transformés, demeure ainsi l’un des leviers les plus efficaces pour préserver sa santé cardiaque. Face à des habitudes alimentaires profondément ancrées, le défi est désormais collectif : repenser notre rapport à l’alimentation pour faire de chaque repas un facteur de prévention plutôt qu’un facteur de risque.
Neila M






