Adrar, nouveau pôle agricole stratégique du Sud: 1 million de quintaux de capacités de stockage pour soutenir la sécurité alimentaire

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La wilaya de Adrar s’impose de plus en plus comme un territoire agricole à fort potentiel, capable d’attirer d’importants investissements publics, privés et étrangers, et de contribuer activement au défi national de la sécurité alimentaire. Ces dernières années, la région a bénéficié d’une dynamique soutenue portée par la disponibilité des ressources hydriques, l’existence de vastes étendues de terres exploitables et un climat favorable aux cultures stratégiques, notamment les céréales.

Selon les responsables de la direction locale des Services agricoles (DSA), ces atouts naturels ont été renforcés par un accompagnement constant de l’État, à travers des mécanismes d’appui à l’investissement agricole. Des prêts bonifiés, un guichet unique installé au niveau de la Coopérative des céréales et légumes secs (CCLS) de la wilaya, ainsi que des mesures de simplification administrative ont permis d’encourager les agriculteurs et porteurs de projets à s’engager dans la mise en valeur des terres. À ces dispositifs s’ajoutent des actions structurantes telles que l’électrification agricole, l’ouverture de pistes d’accès vers les exploitations, la fourniture de semences et d’engrais, ainsi que les programmes de vulgarisation et d’accompagnement technique assurés par les institutions spécialisées. Autant de leviers qui ont favorisé l’extension progressive des surfaces cultivées et l’amélioration des rendements. La wilaya d’Adrar compte aujourd’hui plusieurs pôles agricoles structurants, parmi lesquels Hmadet El-Raya dans la commune de Sebaa, Satah Baamour à Fenoughil, Oued El-Zine-1 et Oued El-Zine-2 à Tamantit, Satah Azzi à Zaouiet Kounta, Aïn El-Fath à Inzegmir, ainsi que le pôle de la commune de Tamekten dans la daïra d’Aoulef, à l’est de la wilaya. Ces zones constituent le socle du développement agricole local, en particulier pour les cultures stratégiques. Afin de faciliter l’accès au foncier agricole, des plateformes numériques ont été mises en place par l’Office national des terres agricoles (ONTA) et l’Office de développement de l’agriculture industrielle en terres sahariennes (ODAS). Ces outils visent à améliorer la transparence et à accélérer le traitement des dossiers liés à l’investissement agricole. Les avantages offerts par le secteur ont attiré plusieurs investisseurs de premier plan, y compris des entreprises publiques, à l’image de Sonatrach, Cosider et Agrodiv, engagées dans le programme national de développement des cultures stratégiques. Par ailleurs, des projets d’envergure issus de partenariats algéro-turc, à travers Dunaysir, et algéro-qatari avec Baladna, sont également en cours. Ils portent sur la production de céréales, de fourrage et de lait en poudre, renforçant ainsi la diversification et la valeur ajoutée de l’agriculture saharienne. Le développement des infrastructures demeure une priorité centrale. Le raccordement des périmètres agricoles au réseau électrique a permis une augmentation continue des superficies cultivées sous pivots, accompagnée d’une hausse notable des volumes produits et des rendements d’une campagne à l’autre. Dans le même esprit, le renforcement des capacités de stockage des céréales est en cours, avec la réalisation de deux silos d’une capacité respective d’un million et de 100.000 quintaux, ainsi que onze centres de proximité pouvant stocker chacun 50.000 quintaux. S’agissant de la production de maïs-grain destiné au fourrage, les travaux de construction d’un complexe de stockage relevant de l’Office national des aliments du bétail et de l’aviculture (ONAB), ainsi que d’une unité de transformation d’aliments pour bétail, sont actuellement en cours. Cette infrastructure, dotée d’une capacité globale de stockage de 130.000 tonnes, comprenant des silos de 90.000 tonnes et deux entrepôts de 20.000 tonnes chacun, devrait mettre un terme à l’acheminement des matières premières vers des unités situées hors de la wilaya. Dans cette région du sud-ouest du pays, le blé dur reste la principale culture stratégique, suivi de près par le maïs-grain, qui suscite un intérêt croissant de la part des investisseurs. Les autorités locales encouragent également le développement d’autres filières jugées essentielles, telles que les légumineuses et les cultures oléagineuses, notamment le tournesol et le colza. Dans ce cadre, le wali d’Adrar, Fodil Douifi, a insisté, lors des campagnes de labours-semailles et de récolte du maïs-grain, sur la nécessité de renforcer l’implication des organismes d’appui technique afin d’assurer la réussite de ces cultures. Cet engagement s’inscrit pleinement dans la stratégie nationale visant l’autosuffisance alimentaire et la consolidation durable de la sécurité alimentaire du pays.

Amel Driss

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