Compétition et coronavirus: Peut-on effectuer des tests à tous les acteurs du football ?

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Continent où l’épidémie du Covid-19 est pourtant la plus virulente, n’empêche que certains pays européens s’apprêtent à reprendre la compétition.

L’Allemagne devrait relancer son championnat ce mois-ci, d’après la presse locale, alors que la Turquie a fixé la reprise pour le 12 juin. En Italie et en Espagne, les joueurs reprennent doucement le chemin des entraînements en attendant l’autorisation des autorités pour jouer de nouveau et terminer une saison en suspens. Des cinq grands championnats européens, finalement seule la France a fait, pour le moment, le choix contraire d’arrêter définitivement la compétition. Une décision de plus en plus contestée au demeurant, puisque les spécialistes se demandent en effet si elle n’a pas été prise trop hâtivement. En tout cas, la polémique enfle et les dirigeants français, entre favorables et opposants, s’étripent à ce sujet par presse interposée. Il va sans dire que là où il y aura reprise, cela se fera sous des conditions draconiennes. Ainsi en Allemagne, en plus de la multiplication des tests du coronavirus dans le milieu, «la reprise des compétitions doit être précédée d’une quarantaine de deux semaines, le cas échéant sous forme de camps d’entraînement», détaillent les initiateurs de ce projet risqué, mais vital. C’est le seul moyen estiment-ils pour «limiter les pertes économiques».Ce genre d’initiative est-elle réalisable chez nous ? Si le secteur emploie environ 56 000 personnes (joueurs, staffs techniques et administratifs, dirigeants, arbitres, officiels, etc.), en Allemagne, combien emploie-t-il en Algérie ? Serait-on en mesure de soumettre tout ce beau monde à des tests du coronavirus ? C’est à ces questions que l’on devra répondre en priorité avant d’envisager une reprise des championnats. Dans sa feuille de route soumise à l’approbation des hautes autorités du pays, la FAF accorde bien une période de préparation de cinq à six semaines aux équipes des deux paliers supérieurs. Mais il n’y est nulle part fait mention de tests effectués pendant cette période. Omission, négligence ou bien se rend-on compte à l’avance de ne pas pouvoir réaliser une telle opération ? Pourtant, c’est une condition sine qua non, si on veut relancer la compétition dans les semaines à venir. Certains clubs ont déjà effectué des tests sur leurs joueurs, il est possible donc de les généraliser avec évidemment l’aide et l’assistance des pouvoirs publics dans la mesure du possible. Car ces derniers, comme on peut l’imaginer, ont d’autres priorités dans la lutte qu’ils mènent contre la propagation du Covid-19.En tout cas, l’exemple de l’Allemagne peut nous servir de modèle et duquel on peut largement s’inspirer.Mais pour le moment les acteurs du ballon rond sont dans l’expectative. Ils ne savent toujours pas s’il y aura reprise ou non. Des voix s’élèvent de plus en plus cependant pour demander carrément l’annulation du championnat. D’autres suggèrent un play-off impliquant seulement les quatre premières équipes au classement pour désigner le futur champion. Rien de concret en somme. Tout dépend en fait de l’annonce des hautes instances du pays. Tout le reste n’est qu’hypothèses et conjectures.

Ali Nezlioui