Coronavirus: Appels pressants de personnalités nationales et de partis politiques pour la suspension temporaire du «Hirak»

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28e vendredi de mobilisation a Alger. Ph :Fateh Guidoum / PPAgency

Plusieurs personnalités nationales et des partis politiques ont lancé des appels pressants pour la suspension temporaire des marches populaires (Hirak) en raison des risques du coronavirus en Algérie.

S’exprimant à travers les différents supports médiatiques, des ministres, des personnalités nationales et des partis politiques ont multiplié les appels à la suspension du Mouvement citoyen, compte tenu des dangers qu’il présente pour la santé publique en Algérie. Le dernier bilan du ministère de la Santé (dimanche soir) a fait état de six nouveaux cas confirmés du coronavirus, portant à 60 le nombre de personnes infectées par le Covid-19, dont quatre décès. En ce sens, le président de Jil el Jadid, Djilali Sofiane a estimé que «ceux qui poussent les Algériens à continuer à sortir dans la rue sont, soit totalement inconscients, soit des criminels», faisant observer que «la pandémie est très sérieuse et ses conséquences pour l’Algérie peuvent être gravissimes sur le plan sanitaire». Pour Djilali Sofiane, «il est impératif de protéger la santé des populations». Même son de cloche chez l’activiste et avocat, Mostafa Bouchachi, qui a appelé sur sa page Facebook à «suspendre temporairement les manifestations pour sauvegarder la santé publique».» La sagesse exige que les marches soient temporairement suspendues afin de préserver la santé publique. C’est le moyen idéal pour maintenir le civisme qui a marqué le Hirak en réfléchissant collectivement aux alternatives», a commenté Me Bouchachi qui ne rate aucun vendredi pour sortir participer aux manifestations populaires pacifiques. Dans un post sur sa page Facebook, le président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) Mohcine Belabbes a écrit : «faire prévaloir et prioriser la santé des Algériens est de la responsabilité de tous». De son côté, l’ancien ministre de la Communication, Abdelaziz Rahabi, a estimé aussi que la suspension temporaire des marches, en raison des risques sanitaires du coronavirus, s’impose comme un «devoir national et patriotique».» La suspension temporaire des marches, en raison des risques sanitaires avérés, s’impose dès lors comme un devoir national et patriotique», a écrit  Rahabi sur son compte Twitter, affirmant que «L’Algérie vit un état d’urgence sanitaire non déclaré en raison de la gravité de la pandémie du coronavirus, de l’impréparation de notre système sanitaire (…) «Il a ajouté, en outre, que «cette mesure participera à préserver notre pays et notre peuple des graves conséquences sur la situation générale de l’Algérie», soulignant que cette mesure «n’entamera en rien le droit inaliénable et permanent à manifester librement pour une Algérie plus juste et plus forte». Pour sa part, le parti du Front de libération nationale (FLN) a appelé, dans un communiqué, les Algériens à éviter tous les rassemblements et les regroupements afin de freiner la propagation de Covid-19, saluant en même temps «les mesures prises par le gouvernement, conformément aux instructions du président de la République pour protéger la santé des citoyens et lutter contre la propagation de la maladie». Le parti Tajamou Amal al Jazair (TAJ) est allé dans le même sens, appelant ses militants ainsi que les citoyens à faire montre de «précaution et de prudence» et s’éloigner ainsi des toutes les manifestations populaires sans pour autant négliger l’importance des campagnes de sensibilisation à l’attention des citoyens. Dans le même sens, le Parti de la liberté et de la justice (PLJ) a relevé dans un communiqué que «la suspension temporaire» du Hirak était un «devoir national», exigé par les circonstances exceptionnelles que connait le pays en raison de la pandémie du covid-19. De son côté, le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, le professeur Ammar Belhimer, a salué, dans un entretien, les «voix de la raison» qui appellent à «une pause salutaire» et à «une trêve préventive» du mouvement de protestation populaire (Hirak), malgré les tentatives des «forces antinationales» de le transformer en «mouvement insurrectionnel non armé visant la paralysie du pays».» En vertu des tentatives des forces antinationales de transformer le Hirak en mouvement insurrectionnel non armé visant la paralysie du pays, et au vu de ce qu’il représente aujourd’hui comme risque sanitaire majeur, des voix de la raison se sont élevées dans le pays et dans la diaspora, notamment à travers les réseaux sociaux, pour appeler à une pause salutaire, à une trêve préventive», a-t-il indiqué. Il a relevé que «des leaders d’opinion lucides et réalistes appellent même à l’arrêt pur et simple des marches et des rassemblements. Car la pandémie du coronavirus est sérieuse, attestée par la rigoureuse OMS, l’Organisation mondiale de la santé.» Ces mêmes voix de la lucidité citoyenne et de la raison patriotique appellent à cesser les marches dans un contexte national aussi complexe et aussi périlleux, marches pour lesquelles elles ne trouvent plus aucune raison d’être car le Hirak est déjà victorieux. Et il a gagné sur plusieurs fronts», a-t-il ajouté. Pour sa part, le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Benbouzid, a relevé qu’il était «très dangereux scientifiquement» de poursuivre le mouvement populaire, car il s’agit d’un regroupement favorable à la propagation du nouveau coronavirus.» Au-delà des revendications populaires que je respecte, le Hirak est avant tout un regroupement de personnes parmi lesquelles il pourrait y avoir des porteurs du covid-19 qui risquent de contaminer d’autres. Donc, scientifiquement, il est très dangereux de poursuivre le Hirak», a-t-il soutenu. Il a ajouté que la suspension des marches et les mobilisations populaires relève du «bon sens patriotique» des citoyens, rappelant que l’interdiction de tout regroupement faisait partie des mesures préventives prises contre la propagation de cette pandémie, qui a déjà fait quatre morts et contaminé 54 personnes à travers huit wilayas. «Un nombre réduit mais qui demeure inquiétant», a-t-il commenté.  Benbouzid a salué les personnes qui agissent dans ce sens et invitent les manifestants à éviter d’investir la rue «provisoirement, le temps de se débarrasser de ce fléau qui est un réel danger», a-t-il souligné. En somme, avec cette multiplication d’appels, une unanimité se dégage en faveur de la suspension temporaire du Hirak car il y a va de la santé des Algériens.

  1. A.S. /Ag.