Enseignement religieux : Une pratique séculaire dans les ksour et Oasis  de Ghardaïa

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 L’enseignement religieux notamment la  mémorisation des versets sacrés du Coran pour les enfants est une pratique  séculaire dans les Ksour et Oasis de la région de Ghardaïa. Chaque mosquée édifiée dans les différents quartiers de la wilaya, une  grande salle, appelée « Mahadra » (Aazem ou Akarbiche en Tamazight), annexée  pour initier la pratique religieuse et apprendre les versets du livre saint  coran aux enfants de bas âge souvent à partir de 4 ans.

« Le passage inéluctable par les classes coraniques pour les enfants de bas  âge est une pratique ancestrale qui se perpétue de génération à génération  afin d’initier l’enfant à l’islam », a indiqué Ami Bakir, notable  de Ghardaïa « Quel que soit notre âge, nous gardons dans un coin de notre mémoire le  souvenir de notre premier séjour dans une classe coranique », a fait  rappeler le même notable. Convaincu que la mémorisation des versets du Coran, l’apprentissage et le  perfectionnement de la pratique des préceptes de l’Islam constituent les  éléments de base pour l’éducation religieuse et le développement de  l’identité et de la personnalité de leur enfant, les parents incitent leur  progéniture à fréquenter les classes coraniques. Quelque 10.135 élèves dont 6.555 fillettes bénéficient actuellement de cet  enseignement dans près de 600 classes coraniques dont 225 du rite Ibadite  et 32 Zaouïas situées pour la plupart dans les Oasis de Metlili et El  Menea, indiquent les statistique de la direction des affaires religieuses  et des wakfs de la wilaya. Ces classes agrées pour la plupart par la direction du secteur, dispensent  sous la conduite d’un enseignant ou Taleb, des cours d’apprentissage et de  récitation des sourates divines construit sur une pédagogie basée  essentiellement sur la capacité mnémonique de l’enfant. Assis à même au sol sur une nappe en demi-cercle, les garçons d’un côté,  les filles de l’autre, ayant pour ardoise une planche en bois rectangulaire  avec une poignée triangulaire à l’une des extrémité, polie et lissée avec  des galets dénommée « Lowha » ainsi qu’un stylet en roseau taillé et un  encrier, ces bambins calligraphiant sur leur planchette des versets  coraniques dictés par leur maître.  Cet enseignement à l’état traditionnel connaît ces dernières années une  modernité par l’introduction d’ardoise blanche « magique » qui permet à  l’enfant d’écrire avec un stylo feutre les versets du coran et une fois  mémorisés, l’enfant efface à l’aide d’une brosse pour réécrire une  deuxième. « C’est plus pratique et nous évite de salir nos habits », a souligné un  enfant qui a achever de psalmodier les versets du coran. Ce nombre d’enfants poursuivant l’apprentissage du coran dans ces classées  est élastique notamment avec le retour des natifs de la région durant la  période des vacances dans la wilaya, a expliqué le directeur des affaires  religieuses et des wakfs, Haj Mohamed Emir Abdelkader. Le grand intérêt accordé par la population locale à ce type d’enseignement  a poussé les pouvoirs publics à organiser annuellement un colloque sur  l’enseignement coranique à Ghardaïa, dont  la quatrième édition se  déroulera les 20 et 21 octobre courant. S’agissant des structures religieuses, la wilaya de Ghardaïa compte  quelques 270 mosquées opérationnelles, dont 130 (102 rite malikite et 28  Ibadite) , de grandes mosquées ou on célèbre la grande prière de vendredi ,  32 Zaouïas et quelques 600 classes coraniques qui peuvent accueillir plus  de 70.000 élèves. Deux instituts islamiques de rite Ibadite situés à Guerrara et Ghardaïa  d’une importance mondiale constituent également des lieux de propagation  des préceptes de la religion islamique, signale-t-on. Une partie de ces infrastructures de culte est considérées comme  patrimoine culturel mondial notamment les mosquées situées dans les  différents ksour de la vallée du M’zab classée, elle aussi, patrimoine  mondial depuis 1982 par l’Unesco.

Benadel M