De plus en plus de familles préfèrent sortir la nuit, en cette saison estivale particulièrement chaude.
Des stations balnéaires et des espaces de loisirs connaissent plus d’affluence à partir de 20 heures que dans la journée. A El Djamila (anciennement La Madrague), les restaurants et la grande placette connaissent un nombre important de visiteurs dans la soirée. «Dans la journée, les places de parking sont disponibles, mais à partir de 18h, on trouve du mal à gérer le flux d’automobilistes», nous confie un gardien de parking. Selon lui, «cette fin de saison est plutôt morose. On travaille mieux la nuit que durant la journée». «Même au niveau de la plage, il y a du monde, mais pas autant que les saisons précédentes», estime notre interlocuteur, qui invoque la forte canicule de cet été, qui a fini par faire changer les habitudes des familles algéroises. A Sidi Fredj, la plage était également clairsemée. «Ce ne sont plus les grands flux des années précédentes. Les gens ne viennent pas que pour nager, ils cherchent de meilleures prestations. Ils veulent visiter et découvrir», estime un commerçant, qui en veut pour preuve la préférence des estivants pour le port que pour la plage. «A partir de 17 heures, le port et ses terrasses sont pris d’assaut par les citoyens. Ils aiment marcher sur le quai, prendre des glaces en famille ou faire un tour en mer dans les embarcations qui proposent cette prestation. Mais rarement dans la journée, c’est dans la soirée que la demande augmente. Parfois, on ne trouve même pas une table où s’asseoir», ajoute notre interlocuteur. Ce constat ne se limite pas à l’ouest d’Alger. A l’est de la capitale, les plages accueillent des estivants venus de différents endroits, mais elles ne chôment pas la nuit. A la plage El Qadous , les espaces commerciaux proposant thé, glaces et autres friandises ne désemplissent pas jusqu’au petit matin. «Des familles viennent avec leurs enfants. Elles préfèrent les sortir la nuit que de les exposer au risque de coups de soleil dans la journée», explique un jeune commerçant. Tout compte fait, la sécurité assurée et le transport disponible, recourir au service des taxis ou des fraudeurs à défaut, font que les citoyens n’hésitent pas à sortir la nuit. Faut-il préciser que la promenade des Sablettes demeure indétrônable. A cela s’ajoute le plaisir d’aller dans de petits restaurants ou autres fast-foods, dont la réputation, de bouche à oreille, dépasse tout entendement, tels que le vendeur de glaces d’El Biar, ou déguster une pizza à Baïnem. D’autres encore préfèrent faire un pique-nique nocturne en bord de mer, loin des sollicitations des loueurs de parasols et des va-et-vient des estivants. En attendant la rentrée sociale, des familles algéroises et des visiteurs profitent de ces derniers jours de vacances d’été, malgré les éternels bouchons et inévitables points noirs sur certaines routes de la capitale.
Benadel M






