Horaires de sommeil tardifs: Un danger pour le cœur ?

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Les personnes qui se couchent tard présentent un risque cardiovasculaire plus élevé que celles qui adoptent un rythme matinal. C’est ce que révèle une récente étude publiée dans le Journal of the American Heart Association et relayée par Live Science. Mais derrière des chiffres frappants, les chercheurs appellent à la prudence : le fait de veiller tard ne constitue pas, à lui seul, un danger direct pour le cœur. Ce sont surtout les habitudes de vie et les contraintes sociales associées à ce mode de fonctionnement qui expliqueraient l’augmentation du risque.

Les données montrent qu’une personne se couchant plus tard que la moyenne présente 79 % de risques supplémentaires d’obtenir un mauvais score de santé cardiovasculaire, établi sur une échelle allant de 0 à 100. Ce score défavorable se traduit par une hausse de 16 % du risque d’accident vasculaire cérébral ou d’infarctus. À l’inverse, les individus se couchant plus tôt affichent généralement un profil jugé plus « sain ». Toutefois, l’analyse détaillée nuance fortement l’interprétation : l’indice utilisé pour mesurer la santé cardiovasculaire ne repose pas uniquement sur l’horaire de sommeil, mais intègre également le tabagisme, le poids, l’alimentation, l’activité physique, la glycémie, la tension artérielle et le taux de cholestérol.

Or, parmi les 79 % de participants présentant un mauvais score, 75 % des facteurs de risque sont directement liés aux habitudes de vie, le tabagisme arrivant en tête. Le manque de sommeil, une alimentation déséquilibrée et l’insuffisance d’activité physique viennent ensuite. Les chercheurs observent en effet que les couche-tard ont tendance à fumer davantage, à dormir moins, à bouger moins et à adopter une alimentation moins équilibrée. L’accumulation de ces comportements explique largement l’élévation du risque cardiovasculaire observée.

Le décalage avec les horaires classiques de travail, d’école et de loisirs peut également générer un stress chronique. Ce désajustement social, comparable à un « jet lag » permanent, fragilise l’équilibre physiologique et peut aggraver les facteurs métaboliques. Sur le plan biologique, les rythmes hormonaux sont également modifiés : chez les couche-tard, la sécrétion de mélatonine et de cortisol intervient plus tardivement, ce qui perturbe les cycles naturels du sommeil. Ces dérèglements peuvent favoriser une résistance à l’insuline, une élévation du cholestérol et la formation de plaques dans les artères.

L’étude met par ailleurs en évidence une différence notable entre les sexes : les femmes se couchant tard présenteraient 96 % de risques cardiovasculaires supplémentaires, contre 67 % chez les hommes. Les chercheurs reconnaissent toutefois ne pas disposer, à ce stade, d’explication claire pour justifier un tel écart.

Si la corrélation entre coucher tardif et risque cardiaque apparaît solide, les auteurs soulignent qu’aucun lien de causalité direct n’a été démontré. Des travaux plus vastes seront nécessaires pour déterminer si le chronotype constitue en lui-même un facteur indépendant de risque. En l’état, le message central reste clair : ce ne sont pas uniquement les horaires de coucher qui pèsent sur la santé du cœur, mais l’ensemble des comportements et des conditions de vie qui les accompagnent.

Neila M

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