Longtemps présenté comme le repas le plus important de la journée, le petit-déjeuner se retrouve aujourd’hui au cœur d’un débat nourri par l’essor du jeûne intermittent et des nouvelles habitudes alimentaires.
Mais au-delà de ce que nous mangeons, une question essentielle s’impose désormais : à quelle heure mangeons-nous ? Une vaste étude américaine menée par des chercheurs du Mass General Brigham, sur une période proche d’un demi-siècle, apporte un éclairage inédit sur l’impact des horaires du petit-déjeuner sur la longévité. L’étude a suivi près de 3 000 adultes âgés de 42 à 94 ans, révélant que les personnes prenant leur petit-déjeuner tôt dans la matinée présentent une espérance de vie plus élevée que celles qui décalent ce premier repas. Les résultats montrent un écart significatif : 89,5 % de survie chez les lève-tôt contre 86,7 % chez les adeptes du petit-déjeuner tardif. Si cette différence peut sembler modeste à première vue, elle représente un enjeu majeur de santé publique lorsqu’elle est appliquée à l’échelle de populations entières, comme le souligne la chaîne américaine CBS News. Les chercheurs ne se sont pas limités à l’analyse du risque de décès. L’étude met également en évidence une association entre le report du petit-déjeuner et plusieurs problèmes de santé : fatigue chronique, troubles bucco-dentaires, symptômes dépressifs, anxiété accrue et apparition de multimorbidités, c’est-à-dire la coexistence de plusieurs maladies chez une même personne. Ces effets, tant physiques que psychologiques, affectent progressivement la santé globale, en particulier chez les adultes ayant tendance à se coucher tard et à décaler leurs repas. À long terme, cette désorganisation des rythmes alimentaires semble fragiliser l’organisme. Les conclusions de l’étude convergent vers un message clé : la régularité des horaires alimentaires joue un rôle déterminant dans la prévention des maladies et dans l’allongement de l’espérance de vie. Encourager les adultes, notamment après 40 ans, à instaurer une routine stable pour leurs repas pourrait constituer une stratégie simple et efficace pour améliorer la santé à long terme. Les chercheurs plaident ainsi pour une évolution des recommandations de santé publique, intégrant non seulement la qualité nutritionnelle des aliments, mais aussi la chronologie des repas. Car l’équilibre alimentaire ne dépend pas uniquement du contenu de l’assiette, mais également du respect des rythmes biologiques propres à chaque individu.
Neila M






