La directrice générale du Fonds monétaire international, Kristalina Georgieva, a mis en avant les progrès accomplis par l’Algérie ces dernières années en matière de promotion de l’investissement, de numérisation et de développement des exportations hors hydrocarbures, soulignant que l’économie nationale repose désormais sur des bases « déjà solides ».
Dans un entretien accordé à l’APS, Mme Georgieva a salué les avancées enregistrées dans l’amélioration du climat des affaires, notamment à travers l’adoption des lois relatives à l’investissement et au foncier, la création de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement, ainsi que les mesures de dématérialisation des services de l’administration publique, qui ont permis de simplifier les procédures administratives. Elle a relevé que ces réformes se sont accompagnées de progrès notables dans le développement des exportations hors hydrocarbures, lesquelles ont plus que doublé au cours des cinq dernières années. La directrice générale du FMI s’exprimait à la veille de sa participation à une conférence économique organisée à Alger conjointement par la Banque d’Algérie et le FMI, intitulée « Afrique du Nord : relier les continents, créer des opportunités ». Elle a indiqué que l’activité économique en Algérie s’est redressée de manière significative depuis la pandémie, soulignant que la croissance est demeurée résiliente en 2025, soutenue par d’importants investissements publics, tandis que l’inflation a reculé. Mme Georgieva a également mis en exergue la priorité accordée par les autorités algériennes à l’investissement dans les infrastructures numériques, le transport et l’énergie. Selon elle, l’Algérie fait face à de nombreux défis, mais dispose également d’importantes opportunités. Elle a estimé que l’évolution rapide des technologies s’inscrit en parfaite cohérence avec les efforts engagés par le pays pour accélérer la numérisation, tandis que la reconfiguration des chaînes d’approvisionnement mondiales ouvre des perspectives pour attirer davantage d’investissements et intensifier les échanges. Elle a, en outre, souligné le potentiel considérable de l’Algérie dans le domaine des énergies renouvelables, en particulier l’énergie solaire et l’hydrogène vert. La responsable du FMI a également noté que les politiques publiques et les investissements ayant permis d’élargir l’accès à Internet ont favorisé l’émergence d’un écosystème de start-up. Elle a ajouté que les investissements publics en cours dans les ports, les chemins de fer et la logistique sont de nature à réduire les coûts et les délais des échanges, facilitant ainsi l’intégration de l’Algérie dans les chaînes de valeur régionales et mondiales. Mme Georgieva a expliqué, dans ce contexte, que les efforts visant à exploiter les atouts de l’Algérie dans les hydrocarbures et les énergies renouvelables pourraient permettre au pays de jouer un rôle clé en tant que pôle énergétique régional, à travers l’interconnexion des réseaux électriques, le développement des énergies renouvelables et les projets émergents d’hydrogène vert. Ces dynamiques sont susceptibles de stimuler le développement industriel, le transfert de technologies et la création d’emplois au-delà des frontières nationales. Abordant la tenue de la conférence d’Alger, la directrice générale du FMI a souligné qu’elle intervient à un moment où la coopération régionale est plus que jamais nécessaire, dans un contexte international marqué par l’intensification des risques géopolitiques, l’évolution des échanges et la reconfiguration des chaînes de valeur. Selon elle, une intégration régionale plus approfondie peut contribuer à renforcer la résilience des pays et à favoriser une croissance plus durable et diversifiée. Enfin, évoquant sa première visite en Algérie à l’occasion de cette conférence internationale, Mme Georgieva a indiqué qu’elle constitue une opportunité importante pour renforcer le partenariat entre le FMI et les autorités algériennes.
Sonia Stambouli






