CAN-2025: Quand la vérité du terrain surpasse  les artifices et les magouilles humaines

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La finale de la CAN 2025 n’a pas seulement consacré le Sénégal. Elle a déclenché une vague de célébrations à travers l’Afrique et sa diaspora, tout en mettant en lumière un climat de tensions et d’inégalités. Entre polémiques arbitrales, gestes irrespectueux et traitement différencié, cette édition restera gravée comme celle où le talent et la justice, inattendus, ont pris le pas sur les artifices humains. Dès le coup de sifflet final à Rabat, le continent a réagi comme un seul corps. À Dakar, la nuit a vibré au rythme des tambours et des chants. Mais le phénomène a largement dépassé le Sénégal. Dans plusieurs capitales et grandes villes d’Afrique, des foules se sont rassemblées pour célébrer une victoire qu’elles considéraient comme collective, comme si, à travers elle, la justice triomphait de l’injustice. En Égypte, des scènes inhabituelles ont marqué les esprits. Des groupes de supporters égyptiens sont descendus dans les rues pour fêter le sacre sénégalais, brandissant drapeaux et chants. Ces manifestations spontanées traduisaient un sentiment de solidarité continentale face à un tournoi jugé biaisé et à des décisions arbitrales contestées, et semblaient dire que l’Afrique pouvait reconnaître un juste triomphe malgré les manœuvres humaines. En Algérie, la mobilisation était exceptionnelle. Des milliers de personnes ont envahi les rues d’Alger, Oran, Constantine et Annaba. Plus symbolique encore, près de la frontière algéro-marocaine, des rassemblements ont exprimé une solidarité accrue envers le Sénégal. Cette ferveur montrait que, pour une grande partie du continent, cette CAN n’était pas seulement un tournoi de football, mais une bataille entre la vérité du terrain et l’injustice orchestrée. Au territoire sahraoui occupé, à Dakhla, plusieurs Sahraouis ont également célébré la victoire sénégalaise. La joie publique s’accompagnait d’un message implicite : face à la pression et aux manœuvres du pays hôte, le football avait choisi de rendre justice, presque par une logique supérieure, et la victoire du Sénégal était perçue comme le couronnement de cette justice divine. En France, la diaspora africaine a transformé la victoire en un véritable événement continental. À Paris, Marseille et Lyon, des milliers de supporters sénégalais et africains de toutes nationalités ont célébré ensemble. Dans ces rassemblements, la CAN 2025 prenait des allures de symbole : le triomphe du fair-play et du mérite sur l’arbitraire et la pression artificielle. En Afrique de l’Ouest, les scènes de joie étaient tout aussi impressionnantes. En Côte d’Ivoire et au Nigeria, de nombreuses vidéos montraient des foules exaltées. Pour beaucoup, le Sénégal incarnait une victoire morale, une leçon adressée à ceux qui pensaient pouvoir manipuler le destin et le résultat par des artifices humains.À la veille de la finale, la Fédération sénégalaise de football avait publié un communiqué officiel pointant les difficultés rencontrées à Rabat. Le texte dénonçait des conditions d’accueil inappropriées, des retards dans le transport de l’équipe, l’accès restreint aux installations et un traitement différencié par rapport au Maroc. La Fédération soulignait également un climat jugé hostile et appelait la CAF à intervenir pour garantir la sérénité de ses joueurs. Ce communiqué a renforcé la perception que le tournoi était biaisé et que le sacre sénégalais serait une revanche, au sens moral et symbolique, sur ces injustices.

Une CAN marquée par les dérives

Cette ferveur continentale s’explique aussi par les nombreuses dérives observées tout au long du tournoi. L’arbitrage a été au cœur des critiques, avec des décisions contestables et souvent perçues comme favorables au pays hôte. La VAR, censée rétablir l’équité, a parfois amplifié les polémiques par des interventions tardives et inconsistantes. La finale a cristallisé ces tensions. Le but sénégalais refusé en fin de match et le penalty accordé au Maroc dans le temps additionnel ont provoqué la colère générale. La décision de Pape Thiaw, qui avait demandé à ses joueurs de quitter temporairement la pelouse, illustrait l’ampleur de l’injustice perçue, avant que Sadio Mané ne rappelle ses coéquipiers pour affronter leur sort. L’organisation du tournoi a également été critiquée. Des anomalies ont été signalées concernant l’accès aux stades, la distribution des billets et les conditions d’entraînement. Plusieurs équipes ont dénoncé des traitements inéquitables, renforçant la perception d’un avantage structurel en faveur du pays hôte. Un épisode marquant est survenu lors du match pour la troisième place entre le Nigeria et l’Égypte. À l’exécution de l’hymne égyptien, la majorité du stade, composée de supporters marocains, s’est mise à siffler. Ce geste irrespectueux a été perçu comme une humiliation et illustre l’ambiance tendue et partiale qui a caractérisé cette CAN. Le Maroc, avec ses investissements massifs et ses tentatives pour décrocher son premier titre depuis son sacre en 1976, a fini par provoquer un rejet continental. Au lieu de briller, le pays hôte a renforcé l’unité autour du Sénégal et de sa victoire. Ainsi, cette CAN a été bien plus qu’un tournoi : elle a été un symbole de justice inattendue face à la manipulation humaine. Cette édition restera paradoxale : spectaculaire sur le plan sportif, mais profondément controversée sur le plan institutionnel. Arbitrage controversé, gestes irrespectueux et traitement inégal ont marqué les esprits. Pourtant, dans le chaos, un message s’est imposé : le mérite et la vérité du jeu finissent toujours par s’imposer. Pour le Sénégal, ce sacre consolide sa place parmi les grandes nations du football africain. Pour le Maroc, la défaite laisse une marque symbolique et morale. Mais au-delà des trophées, ce que retiendra l’Afrique, c’est que cette CAN 2025 a rappelé que la justice divine peut triompher de l’injustice humaine, et que le football, lorsqu’il est joué avec courage et talent, reste inviolable.Ainsi, la CAN 2025 restera dans l’histoire non seulement comme celle du Sénégal sacré, mais comme celle où la vérité du terrain a finalement surpassé les artifices et les magouilles humaines.

F. A.

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