L’Algérie dispose aujourd’hui d’un réseau de routes autoroutières s’étendant sur près de 1 600 kilomètres, a indiqué le directeur général de l’Entreprise algérienne des autoroutes, Saïd Si Chouaib. Il a précisé qu’environ 180 kilomètres de tronçons, relevant principalement de l’autoroute Est-Ouest, présentent un état d’usure avancé et font actuellement l’objet de programmes de réparation en cours, dans le cadre des efforts visant à renforcer la sécurité routière et à améliorer la qualité des infrastructures.
Intervenant, mercredi, dans l’émission « Invité du matin » de la Chaîne I de la radio nationale, M. Si Chouaib a annoncé le lancement d’un nouveau programme de développement du réseau autoroutier, axé notamment sur la réalisation de sept grands accès routiers au niveau des ports. Ces projets concernent les ports de Skikda, Jijel, Béjaïa, Ténès, Mostaganem, Oran et Ghazaouet, avec pour objectif de fluidifier le transport des marchandises et de renforcer la connexion des plateformes portuaires au réseau national des autoroutes. Le programme inclut également la réalisation d’accès autoroutiers au profit de plusieurs grandes villes, notamment Tizi Ouzou, Batna, Guelma et Mascara. Selon le directeur général, ces projets sont à des stades d’avancement variables, certains tronçons ayant déjà été livrés et mis en service, à l’image des 84 kilomètres réalisés dans la wilaya de Béjaïa. Dans le détail, les sept accès portuaires représentent un linéaire total estimé à 345 kilomètres, tandis que les accès dédiés aux quatre grandes villes s’étendent sur environ 190 kilomètres. Le responsable a souligné que la difficulté du relief, en particulier dans les wilayas de Jijel et de Béjaïa, constitue l’un des principaux défis techniques auxquels sont confrontés les maîtres d’ouvrage. Concernant l’accès reliant le port de Béjaïa à l’autoroute Est-Ouest, M. Si Chouaib a indiqué que sa longueur totale est de 100 kilomètres, dont 84 kilomètres ont déjà été réceptionnés, avec la perspective de livrer un tronçon supplémentaire de 5 kilomètres dans un délai n’excédant pas un mois et demi. S’agissant de l’accès reliant le port de Jijel à la ville d’El Eulma, celui-ci s’étend sur 110 kilomètres. À ce jour, 27 kilomètres ont été livrés, dont 14 kilomètres dans la wilaya de Sétif et 13 kilomètres dans la wilaya de Jijel durant l’année 2025. De nouveaux tronçons, totalisant 30 kilomètres, devraient entrer en service au cours de l’année 2026, notamment la route de contournement de la région de Beni Aziz.
La descente de Djebahia, un point noir à traiter en priorité
Abordant la question des points noirs sur le réseau autoroutier, le directeur général a qualifié la descente de Djebahia, dans la wilaya de Bouira, de l’un des tronçons les plus dangereux de l’autoroute Est-Ouest. Long de 7 kilomètres, ce segment enregistre quotidiennement un nombre élevé d’accidents de la circulation. Des mesures urgentes ont été mises en œuvre en 2025, comprenant la réparation de sections dégradées et le renforcement de la signalisation routière. Parallèlement, une étude technique et économique est en cours afin d’identifier des solutions durables, parmi lesquelles figure la possibilité de réaliser un nouvel itinéraire permettant d’éviter ce tronçon, dont la pente dépasse 6 %, en particulier pour les poids lourds.
Un programme national de maintenance sur 926 km
Sur le volet de la maintenance, l’Entreprise algérienne des autoroutes mène actuellement une étude de faisabilité économique et une expertise technique portant sur 926 kilomètres de l’autoroute Est-Ouest, depuis les limites de la wilaya de Tlemcen jusqu’à celle d’El Tarf. Ce programme cible en priorité plusieurs sections jugées critiques, notamment le tronçon Bir Touta–Khemis El Khechna, la route de contournement de Constantine sur 17 kilomètres, le tronçon Bouira–Larbaâthache, ainsi qu’un segment similaire dans la wilaya d’Aïn Defla. Ces sections constituent, selon M. Si Chouaib, une priorité absolue. Les travaux de maintenance devraient être lancés prochainement sur une longueur totale estimée à 51 kilomètres, après la mobilisation des ressources financières nécessaires dans le cadre de la loi de finances 2026.
Selma Dey






