Dans un contexte international marqué par une complexité croissante et des rapports économiques de plus en plus dominés par des logiques de force, l’Algérie fait face à des défis économiques majeurs en 2026, au premier rang desquels figure la diversification de son économie hors hydrocarbures. C’est le constat dressé par le professeur Mohamed Himrane, spécialiste des affaires économiques et financières internationales, lors de son intervention dans l’émission L’Invité de l’Internationale sur les ondes de Radio Algérie Internationale.
Selon l’économiste, les relations économiques mondiales évoluent aujourd’hui dans un climat où la concurrence loyale et équitable cède progressivement la place à des mécanismes de domination et de contrôle, rendant les équilibres plus fragiles pour les économies dépendantes d’une seule ressource. Dans ce contexte, Mohamed Himrane met en garde contre le risque persistant de l’excessive dépendance de l’économie nationale au secteur des hydrocarbures, qu’il qualifie de principal défi structurel auquel l’Algérie demeure confrontée. Le professeur a souligné que cette problématique figure au cœur des priorités du Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, depuis son accession à la magistrature suprême. Il a rappelé que le chef de l’État a fait de la diversification de la production nationale et de l’augmentation des exportations hors hydrocarbures un axe stratégique majeur de sa politique économique. À ce titre, plusieurs objectifs ont déjà été atteints, ouvrant la voie à des ambitions plus élevées en matière de production et de croissance dans l’ensemble des secteurs, notamment les secteurs vitaux tels que l’agriculture, l’industrie et la numérisation. Mohamed Himrane a mis en avant les progrès réalisés par l’Algérie dans plusieurs domaines, en particulier dans le secteur agricole, tout en soulignant la volonté des pouvoirs publics de renforcer le tissu industriel national à travers le lancement de grands projets structurants, à l’image du projet minier de Gara Djebilet, ainsi que d’autres projets miniers et industriels. Il a précisé que le nombre de projets enregistrés dans ces domaines atteint aujourd’hui 19 000 projets, traduisant une dynamique d’investissement en expansion. S’appuyant sur ces acquis, l’expert a expliqué que l’Algérie cherche à attirer davantage d’investissements dans l’ensemble des secteurs productifs afin d’augmenter les taux de croissance, de créer de la richesse et des emplois, tout en poursuivant la maîtrise des équilibres macroéconomiques. Il a relevé, à ce propos, que le taux d’inflation, qui s’élevait à 9 % en 2022, a été ramené à 4 %, avec une perspective de baisse à 2 % au cours de l’année en cours, tandis que le taux de croissance économique pourrait atteindre 4,1 % à l’horizon 2027. Le professeur Himrane a toutefois insisté sur le fait que le développement économique ne saurait reposer exclusivement sur les efforts et les investissements publics. Il a plaidé pour un rôle accru du secteur privé, ainsi que pour le renforcement des partenariats étrangers, qu’il considère comme des leviers essentiels pour soutenir durablement la croissance et la diversification de l’économie nationale. Enfin, l’économiste a estimé que, dans un environnement mondial marqué par des crises récurrentes, notamment celles liées aux fluctuations des marchés pétroliers, comme l’illustre le cas du Venezuela, le défi sera encore plus important pour l’Algérie. Il a souligné la nécessité d’accélérer la diversification de la production et des exportations hors hydrocarbures afin de faire face à toute éventuelle baisse des prix du pétrole, notamment en cas de saturation du marché mondial.
Selma Dey






