Lancé en 2022, le projet national ECO-GIRE propose des solutions numériques et prédictives destinées à moderniser le réseau de l’Algérienne des Eaux et à renforcer la performance économique du service public de l’eau.
Des chercheurs de l’Université de Mascara ont présenté, mardi à Oran, une série de solutions nouvelles et innovantes destinées à l’Algérienne des Eaux, dans l’objectif d’assurer une gestion plus intelligente, durable et économiquement efficiente de l’eau potable. Ces propositions s’inscrivent dans le cadre d’un projet national de recherche baptisé « Solutions écologiques et durables pour la disponibilité de l’eau : vers une gestion intégrée des ressources naturelles » (ECO-GIRE), supervisé par l’Agence thématique de recherche en sciences de la santé et de la vie. Affiliés au Laboratoire de recherche technologique en intelligence artificielle et en sécurité alimentaire de l’Université de Mascara, les chercheurs ont exposé des outils et systèmes avancés visant à optimiser la gestion du réseau de distribution d’eau potable. Ces solutions reposent sur l’exploitation de l’intelligence artificielle, de la numérisation et de l’Internet des objets (IoT), afin d’améliorer la continuité du service, de réduire les pertes et de renforcer l’efficacité opérationnelle de l’opérateur public. Intervenant à cette occasion, le directeur de l’ATRSSV, le professeur Benarba Bachir, a expliqué que l’agence œuvre à la valorisation des résultats de la recherche scientifique en leur conférant une utilité pratique répondant aux besoins des partenaires sociaux et économiques. Cette démarche s’inscrit, a-t-il précisé, dans la stratégie adoptée par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique visant à orienter la recherche vers des solutions concrètes, au service de la société et de l’économie nationale. Le professeur Benarba a souligné que ces produits de recherche relèvent d’un projet national sur la sécurité alimentaire lancé en 2022, dans le cadre duquel des solutions applicables ont été développées et ont obtenu l’adhésion du partenaire économique, en l’occurrence l’Algérienne des Eaux. Cette collaboration témoigne, selon lui, de la solidité du lien entre l’université et les acteurs économiques, en adéquation avec la politique de l’État visant à promouvoir une recherche scientifique répondant aux exigences du développement national. Il a également fait savoir que l’Algérienne des Eaux a exprimé sa volonté de poursuivre et d’élargir cette coopération au-delà du cadre initial du projet ECO-GIRE, ouvrant la voie à de nouveaux partenariats et à la généralisation, à l’échelle nationale, des solutions technologiques développées. Une perspective qui confère à ce projet une portée stratégique, tant en matière de modernisation des services publics que de rationalisation des coûts de gestion de l’eau. De son côté, le directeur central de la communication de l’Algérienne des Eaux, Mohamed Soltani, a indiqué que l’implication de l’entreprise dans ce projet, à travers son unité opérationnelle de la wilaya de Mascara, s’inscrit pleinement dans la politique de numérisation du secteur et d’adoption de solutions intelligentes. Cette orientation vise, a-t-il précisé, à améliorer la distribution de l’eau aux citoyens et à hisser le service public à la hauteur des attentes, tout en contribuant au développement de l’économie nationale. Pour sa part, le directeur du Laboratoire de recherche technologique en intelligence artificielle et en sécurité alimentaire de l’Université de Mascara et chef du projet ECO-GIRE, Benhaoua Mohamed Kamel, a expliqué que ce projet permet de développer des systèmes capables de prédire les pannes avec une grande précision, de garantir la qualité de l’eau et d’améliorer la continuité du service. Les équipements conçus dans ce cadre ont été testés avec succès et ont répondu aux besoins exprimés par l’Algérienne des Eaux. Ces systèmes comprennent notamment un système d’information géographique (SIG) dédié au réseau d’eau, appuyé par une application web offrant des cartes précises du réseau de distribution, une surveillance centralisée des infrastructures et un outil d’aide à la maintenance préventive et curative. Un tableau de bord décisionnel permet également d’optimiser la gestion du réseau. En parallèle, un système de surveillance basé sur une architecture IoT à trois niveaux a été développé, ainsi que plusieurs ensembles destinés à la mesure et à l’analyse en temps réel des données essentielles du réseau. À travers ce projet, la recherche universitaire algérienne confirme sa capacité à proposer des solutions technologiques à fort impact économique, en contribuant à la modernisation d’un secteur stratégique, à la maîtrise des coûts et à l’amélioration durable de la performance du service public de l’eau.
Malik C






