La 19e édition du salon Equip Auto Algérie, qui célèbre cette année ses 20 ans d’existence, met en évidence une dynamique industrielle en nette progression, marquée par le renforcement de la sous-traitance locale et une participation nationale en hausse, tant sur le plan qualitatif que quantitatif. Organisé du 30 mars au 2 avril au Palais des expositions des Pins maritimes à Alger, l’événement réunit 40 fabricants algériens spécialisés dans la pièce de rechange et la maintenance, traduisant la montée en puissance d’un tissu industriel national en structuration.
Cette édition enregistre également une participation record de plus de 500 marques issues de 11 pays, confirmant l’attractivité croissante du marché algérien. Le directeur du salon, Nabil Bey Boumezrag, a souligné qu’il s’agit de « la plus importante édition depuis la création de l’événement », mettant en avant l’intérêt grandissant des groupes internationaux en quête de partenaires fiables pour lancer des projets de production en Algérie. L’affluence de visiteurs professionnels venus d’Europe, d’Inde, de Turquie et de Chine illustre également cette ouverture accrue à l’international. Considéré comme le plus grand salon africain dédié à la pièce de rechange, Equip Auto témoigne d’une amorce concrète de production locale et d’un positionnement de plus en plus technique de la filière. Cette évolution se traduit notamment par l’émergence d’acteurs nationaux intervenant en première monte, signe d’un changement de dimension industrielle. Partenaire et modérateur du salon, le rédacteur en chef du magazine « Algérie Rechange », Hervé Daigueperce, a évoqué « une véritable révolution » en cours dans le secteur. Celle-ci repose sur les transferts de technologie, la facilitation de l’accès aux intrants, la professionnalisation des acteurs, ainsi que la montée en puissance des normes de certification et du savoir-faire local. Il a également relevé les premiers signes tangibles de relance de l’industrie automobile en Algérie. Dans cette dynamique, le directeur général de Stellantis Algérie, Salim Ramdani, a mis en avant une progression significative du secteur, fondée sur la création d’un écosystème industriel durable articulé autour de sous-traitants locaux. Il a indiqué que l’usine d’Oran enregistre actuellement le taux de croissance le plus élevé au sein du groupe, avec une transition vers le montage CKD prévue cette année, notamment pour le modèle Fiat Panda. Selon le même responsable, 26 partenaires en sous-traitance ont déjà été sélectionnés, dont 13 dédiés à l’assemblage et 13 à l’après-vente. Ces partenaires couvrent plusieurs segments stratégiques, notamment la fabrication de sièges, de faisceaux électriques, de roues, de pièces plastiques et de plaquettes de frein. Le taux d’intégration locale, actuellement estimé à 20 %, devrait atteindre 30 % d’ici la fin de l’année, traduisant une accélération de la localisation industrielle. Salim Ramdani a insisté sur le caractère stratégique du recours aux sous-traitants nationaux, motivé par la maîtrise des coûts logistiques, la durabilité et la fiabilité des chaînes d’approvisionnement, précisant que ce choix relève d’une conviction industrielle et non d’une contrainte. Il a également mis en avant l’amélioration notable des standards de production chez les partenaires algériens, notamment en matière de qualité et de certification, signe d’une professionnalisation progressive de la filière. Par ailleurs, plusieurs initiatives structurantes ont été présentées pour accompagner cette dynamique, notamment la mise en place d’une plateforme par l’Agence nationale d’appui et de développement de l’entrepreneuriat, destinée à faciliter la mise en relation entre industriels et sous-traitants. Des efforts sont également engagés pour réduire les délais d’homologation, en s’appuyant davantage sur des organismes locaux. D’autres intervenants ont insisté sur la nécessité de s’appuyer sur des leaders industriels pour structurer durablement l’écosystème national, estimant que les entreprises algériennes s’inscrivent désormais dans une logique d’amélioration continue, ouvrant des perspectives concrètes à l’export. Placée sous le thème « Made in Algeria », cette édition d’Equip Auto confirme ainsi l’émergence d’une base industrielle nationale dans la filière automobile, portée par la montée en compétence des acteurs locaux et par l’intérêt croissant des partenaires internationaux.
Selma Dey






