38e vendredi du Hirak : Appel au changement avant la tenue de toute élection présidentielle

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Algerie: 08.11.2019 38eme vendredi de manifestation à Alger.

Des citoyens sont sortis pour le 38e vendredi consécutif à Alger et dans d’autres villes du pays, pour exprimer une nouvelle fois leur attachement à leurs revendications pour le changement et le départ de tous les symboles de l’ancien système.

Malgré un temps froid et pluvieux, les manifestants ont investi, juste après la prière du vendredi, les lieux habituels du Hirak, en convergeant vers la Grande-Poste, rue Didouche-Mourad, et la place Audin, où un dispositif sécuritaire était déployé. Les manifestants ont repris leurs slogans habituels, à travers lesquels ils ont exprimé, notamment, leur refus d’aller voter le 12 décembre prochain «dans les conditions actuelles». Ils ont également affiché leur attachement à leurs principales revendications appelant au changement et le départ de tous les symboles de l’ancien système. Lors de cette nouvelle mobilisation pacifique, marquée comme à l’accoutumée par une large présence de l’emblème national et des portraits des héros de la Guerre de Libération nationale, les manifestants ont appelé, aussi, à l’instauration d’un Etat de droit, l’indépendance de la justice, et l’application des articles 7 et 8 de la Constitution, consacrant la souveraineté du peuple. Ils ont également appelé à la lutte contre la corruption avec le jugement des responsables de dilapidation des deniers publics, la libération des personnes arrêtées lors des précédentes manifestations, comme ils ont mis en avant le caractère pacifique des manifestations, leur attachement à l’unité nationale, et le refus de toute ingérence étrangère. A l’instar de la capitale, des citoyens sont sortis dans l’Est du pays, telles que Constantine, Annaba, Oum El Bouaghi et Guelma, où les manifestants, sous une pluie battante, ont réitéré leur appel au départ des symboles de l’ancien système et le rejet de la tenue de l’élection présidentielle dans les conditions actuelles. Au centre du pays, les marches ont été marquées par des avis partagés des manifestants, entre ceux qui soutiennent la tenue de la prochaine présidentielle et ceux qui la rejettent dans la conjoncture actuelle. Ainsi, à Djelfa, les manifestants ont exprimé une position en faveur de la tenue de l’élection présidentielle le 12 décembre prochain, alors qu’à Blida, Aïn Defla, Médéa, Bouira ou Tizi-Ouzou, les manifestants ont réitéré leur rejet de la tenue de cette élection avant le départ de tous les symboles de l’ancien système. A l’Ouest du pays, des manifestations ont été organisées, notamment, à Oran et Mascara, durant lesquelles les citoyens ont réitéré leur opposition à la tenue de la présidentielle dans la conjoncture actuelle, en réaffirmant leur détermination à poursuivre leur mobilisation pour le changement, l’unité nationale, et l’instauration d’un Etat de droit qui consacre la justice et la démocratie. A Tiaret, des citoyens ont marché pour demander la poursuite du processus vers la construction d’un Etat algérien stable basé sur des institutions constitutionnelles et ont appelé à voter pour un président choisi par le peuple en toute liberté. Dans le Sud du pays, les citoyens ont manifesté à Ouargla, Laghouat, El Oued, Ghardaïa et Adrar pour revendiquer un changement politique. Mettant en avant leur attachement à l’unité nationale, ils ont appelé au changement, au départ des résidus de l’ancien système, la lutte contre la corruption, et exprimé leur refus des élections dans les conditions actuelles. Il est à rappeler, que cinq dossiers de candidature à l’élection présidentielle du 12 décembre prochain ont été validés par l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE). Il s‘agit de Azzedine Mihoubi, secrétaire général par intérim du Rassemblement national démocratique (RND), Abdelkader Bengrina, président du Mouvement El Bina, ancien Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune, Ali Benflis, président du parti Talaie El Houriyet, et de Abdelaziz Belaïd, président du Front Al Moustakbel.

Dans le même contexte, le général de corps d’armée, Ahmed Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense nationale, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), a assuré, jeudi, que l’ANP veillera à «réunir toutes les conditions de réussite de ces élections, notamment sur le plan sécuritaire» et à accompagner «le processus électoral dans toutes ses phases».